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« Nella Città » de Sergio Birga à La Maison du Cygne

Six-Fours - Culture vendredi 21 avril 2017

Jusqu'au 21 mai le public peut découvrir l'exposition "Nella Città" de Sergio Birga. Présentation de l'artiste par Dominique Baviera (directeur du Pôle Expo Sergio Birga Page 1Arts Plastiques de Six-Fours):

Né en 1940 à Florence, Sergio Birga est un peintre italien, qui a gardé de ses origines le goût de l'art et la fréquentation passionnée des musées. Ses premières oeuvres, peintes et gravées, sont influencées par l'Expressionnisme. Il a fait trois séjours en Allemagne pour y rencontrer les protagonistes, Heckel, Meidner, Kokoschka et, plus particulièrement, Otto Dix et Conrad Felixmüller qui lui prodiguent leurs conseils et font avec lui un échange de portraits. Diplômé de la Scuola d'Arte de Florence, il s'est installé en 1965 à Paris, où il a étudié aux Beaux-Arts la gravure dans l'atelier de Lucien Coutaud.
À partir de 1967, ses oeuvres, figuratives et critiques, présentent un caractère politique plus marqué
(Vietnam. Destruction des Halles). De 1969 à 1975 il est membre du Comité du Salon de la Jeune
Peinture. Il participe en 1977 à l'exposition « Mythologies Quotidiennes » (ARC), regroupant des
peintres du mouvement « Figuration Narrative ».
Dans les années 80, il revient à l'individualité et à l'héritage de la peinture ancienne, en passant par
la filiation avec de Chirico. L'Italie est présente dans les thèmes des portiques, jardins, statues,
personnages mythologiques... Bien que côtoyant le mouvement de la Pittura Colta (peinture de
citations), sa constante reste le Réalisme Magique (Dictionnaire Bénézit, 2000 / Grand Larousse
Universel, 1992).
Dans sa plus récente période, il se tourne vers des expressions objectives : portraits, autoportraits,
paysages urbains (séries de toiles sur Berlin, New-York, Rome, Florence... sans abandonner les vues
de Paris)
Son inspiration est parfois religieuse (Chemins de croix et oeuvres d'art sacré, commandes de
différentes églises) ou littéraire (dessins, xylographies et tableaux illustrant Kafka et autres auteurs).
Dix ans après avoir exposé dans le Var, à la Villa Tamaris Centre d'Art (La Seyne-sur-Mer), puis à la
Maison du Cygne en 2011, Birga est de retour dans une nouvelle présentation de son travail, où l'on
retrouve le thème uurbain à travers une cinquantaine de tableaux.
Il est Chevalier des Arts et des Lettres.
Les paroxysmes urbains de Birga
La ville, quel merveilleux champ d'investigation plastique, cinématographique, littéraire et poétique
pour personnes sensibles ! Quel environnement propice à la création mais encore à la diffusion, à la
polémique, à la critique et à la controverse ! Quel support imprévu pour l'image, quelle qu'elle soit !
La ville, paysage artificiel bâti et façonné par la main brute de l'homme, est à elle seule un décor de
théâtre, une dramaturgie quotidienne, une magie insoupçonnable et insoupçonnée, une frise
interminable de scenarii courts et de toutes sortes, un puzzle éparpillé puis reconstitué, un
mouvement perpétuel, une source intarissable de scénettes de vies perdues dans les dédales de
l'indifférence...
Arc-boutée sur l'espace et le temps, la ville vit, meurt, renaît, se métamorphose dans le chaos et
l'écho silencieux de « l'insolitude ». Elle enfante du meilleur comme du pire. La ville, c'est la vie,
c'est l'envie et la résurrection au quotidien ; le bien-être de l'ennui !!!
Sergio Birga a fait des villes, de tant de villes, l'un de ses sujets de prédilection en les relatant telles
qu'elles sont, sans fard ni idéalisme ; leur rendant une forme d'authenticité mystérieuse et, disons-le,
austère. Un réalisme excessif entre les murs épais de la cité !
« Nella città », tel est l'intitulé de cette nouvelle exposition en la Maison du Cygne, regroupant des
oeuvres de périodes différentes qui offrent un regard étrange et faussement détaché sur la ville telle
que nous la concevons, telle que nous la percevons.
La proposition plastique, tant figurative que critique, de l'espace urbain formulée par Birga peut
intrinsèquement questionner, parfois émouvoir. Elle ne laisse jamais indifférent l'oeil scrutateur
cherchant sans relâche un repère qu'il ne trouvera jamais. Cette peinture simple, obsessionnelle et ô
combien efficace traite en somme de l'architecture, du concept urbain dans son ensemble et dans sa
diversité mais encore de la beauté cachée et de la tristesse relatives aux villes. L'humain ni est que
sommairement représenté, comme un figurant hagard et sans rôle majeur. Il ne donne que l'échelle à
un espace méthodiquement retranscrit.
A contrario du traitement contemporain ou conceptuel du paysage urbain, les scènes auxquelles
Sergio Birga nous convie sont figées. Le mouvement n'est donc pas un élément caractéristique de la
peinture du Maître qui poursuit une oeuvre au réalisme puissant et évocateur. Nous assistons là à
une présentation/représentation du paysage à l'identique, ou presque, du réel. La magie picturale et
le mystère en guise de drapé !
A partir d'images symboliques de Venise, de Berlin, de New-York ou de Paris, Sergio Birga incite
de manière subjective à une réflexion sociologique et politique. Il pose les bases d'un récit de fiction
pourtant bien ancré dans le réel. Cette vision urbaine du paysage ne sert pas uniquement de décor.
Bien au contraire, elle est l'élément catalyseur afin d'étudier les comportements de nos
contemporains et se questionner sur les bouleversements sociétaux.
Avec Sergio Birga, la ville devient ainsi une vaste scène ouverte, un chantier en évolution constante,
un livre entrouvert aux multiples pages vierges qu'il nous reste encore à rédiger. La ville, cité des
anges et des démons, créatrice de sensations et d'émotions, reste pour notre hôte comme pour tout
un chacun, un rêve éveillé autant qu'un parjure.

Horaires d'ouverture : tous les jours 9h-12h & 14h-18h
(sauf les dimanches matin, lundis et jours fériés)

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