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La Seyne: "L’État d'urgence et les contraintes"

La Seyne - Vie des communes samedi 30 juillet 2016

Sur le site internet de la ville de laVuillemotMarc Seyne (voir lien), Marc Vuillemot,  s'explique sur les raisons qui ont pour conséquence l'annulation de plusieurs évènements festifs:

"Les uns le peuvent, d'autres non !
Premier résultat de cet état d'urgence renouvelé : d'un côté de notre territoire du "Grand Toulon", à l'est, par exemple, dans certaines communes aisées, on peut maintenir les événements qui font du "vivre ensemble", de la convivialité, du partage, que sont les soirées de festivals ou de feux d'artifice, toutes choses qui sont la vie estivale de nos contrées littorales balnéaires ; et à l'ouest, à La Seyne, pour prendre un autre exemple, on ne le peut pas.

Un feu d'artifice sécurisé ? Non tu n'es pas assez riche, va voir ailleurs !
Pourquoi ne le peut-on pas ? Parce que, dans certaines communes, on peut budgétairement et financièrement s'offrir ce que les circulaires de l'État imposent, à défaut de disposer de suffisamment de forces de l'ordre communales ou nationales, à savoir les services de personnels de sociétés privées agréées, auxquelles on achète — très cher, et en tous cas au-dessus des moyens de La Seyne — un service d'ordre commercial, pour, par exemple, assurer la fouille obligatoire de tous les spectateurs.

L'état d'urgence, déjà état d'exception, donc philosophiquement moyennement acceptable pour le républicain que je suis, supposé être activé provisoirement (or le provisoire dure...), non seulement foule du pied nos fondamentaux, mais de plus en rajoute en rupture accrue de valeurs républicaines. Hélas sans même régler ou prévenir le problème, l'atroce actualité en atteste.

Il refoule la Fraternité, par exemple celle qui se vit dans les temps de convivialité que sont nos événements festifs et culturels estivaux, au second rang des objectifs que nous tous, républicains, devrions avoir en partage.

Il contraint les Libertés individuelles, mais aussi celles des collectivités acquises grâce à la (vraie) gauche des années 80, qui a promu leur libre administration, en leur imposant un diktat de droit ou de non-droit de la part du préfet de maintenir tel ou tel événement.

Et il aggrave la perte d'Égalité, créant les conditions d'une impossibilité, pour les communes pauvres, d'un maintien de leur dynamique économique, sociale et culturelle, que les festivités estivales, chez nous, apportent aux petits et grands acteurs économiques du tourisme et du commerce, par la consommation désormais muselée des citoyens et des vacanciers, de toutes conditions sociales et économiques, de toutes confessions, de tous quartiers, de toutes origines.

Honte d'être un élu de cette République là !
Il ne suffit pas d'annoncer qu'on va vaincre la barbarie dans le cadre du droit républicain. Il faut se rappeler que, au-dessus du Droit, qui n'est jamais qu'un outil, existent les Valeurs, qui, elles, sont une finalité. Le Droit, et ses traductions réglementaires, ne doivent jamais saper la prééminence des Valeurs. Or ce qui se passe chez nous en ce moment terrible est une funeste illustration du désintérêt républicain de l'État.

J'ai honte d'être un élu de cette république-là que liquéfient les parlementaires, majoritairement de ma sensibilité socialiste, cédant démagogiquement aux pressions abjectes des tenants d'un ordre dur, pourtant minoritaires dans notre France.

Et j'ai une pensée respectueuse pour la mémoire des maires de 1939 et des années suivantes qui, avant d'être relevés de leurs fonctions, ont eu le courage, les 11 novembre de ces années-là, malgré la déferlante de l'occupant nazi, d'organiser les cérémonies — et, en divers lieux du pays, les festivités — de la commémoration de l'Armistice de 1918. Et qui, pour certains, l'ont chèrement payé".

 (Photo d'illustration)

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