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Café Philo à Sanary le 4 mars

Sanary - Vie associative mercredi 19 février 2020

Mercredi 4 mars de 19h30 à 21h30 au théâtre Galli de Sanary, le café-philo Silvia Berja copydu Rendez-Vous des Idées vous invite à venir écouter puis débattre avec Silvia Berja, professeur de philosophie sur le thème :
« La philosophie intuitive, sagesse face aux dérives de l’intellectualisme ? »
 
Qu’est-ce donc que la « philosophie intuitive » ?
C’est une certaine conception de la philosophie. Une philosophie qui ne serait pas « hors-sol » mais bien ancrée dans l’existence, dans la présence de notre vécu.
Une philosophie loin d’un l’intellectualisme ronflant qui ne concerne qu’une minorité de spécialistes, une philosophie qui resterait fidèle à son origine étymologique : philo sophia, « j’aime la sagesse » c’est-à-dire une philosophie vivante qui s’applique à la vie même.
Cette aspiration profonde à comprendre le monde qui nous entoure et  à tirer leçons de son vécu est fondée sur un sentiment vif qui anime tout être. Les premiers philosophes sont bien les enfants avec toutes leurs questions souvent déroutantes ! Il est naturel pour eux de s’interroger sur ce qui, apriori, nous paraît évident. Il possède en eux cet étonnement philosophique originel que nous perdons avec le temps à force d’intégrer des connaissances et de les accepter comme tels. La pensée linéaire et rationnelle qui a l’avantage de structurer la pensée peut aussi nous éloigner d’un questionnement authentique et véritable.
La philosophie intuitive est une réflexion qui prend pour objet le vécu et qui se donne pour but de vivre mieux. Une philosophie qui ferait confiance non seulement à la raison mais aussi à l’intuition, « au ressenti » et aux émotions qui sont des modes d’appréhension du réel que nous avons à notre disposition et que nous avons historiquement mis de côté.
En effet, la tradition philosophique occidentale se méfie  du corps et des sens quand il s’agit de connaître.
Le modèle rationaliste cartésien a entraîné avec lui une certaine vision du monde et tout un modèle de pensée, une certaine conception de la connaissance et de la vérité qui a, certes, permis bien des avancées dans les sciences, les techniques et la médecine mais qui en même temps a véhiculé un certain modèle du monde et de l’homme qui perdure à l’heure actuelle. L’excès de rationalisme peut entraîner une sorte d’aveuglement des autres aspects du vivant dont nous faisons partie.
Ce modèle, ce paradigme de la pensée occidentale, nous l’interrogerons à la lumière des premiers philosophes et d’une tout autre conception du monde et de l’homme.
Nous verrons qu’aux origines la vérité (connaître) et « le souverain bien » autrement dit le bonheur étaient les deux objectifs de la philosophie. La dimension éthique faisait partie intégrante de la pratique de la philosophie.
Une philosophie qui aide à vivre, à comprendre, à se connaître et à reconnaître l’autre pour mieux vivre ensemble dans son époque. Une philosophie pratique en somme qui ne perd jamais de vue le réel tel qu’il se présente à nous.
Nous allons rouvrir un « débat escamoté » dans la philosophie occidentale en pratiquant une philosophie sur le modèle socratique du dialogue et du questionnement : la maïeutique.
Cette méthode est aussi nommée « l’art d’accoucher les esprits », c’est-à-dire l’art de faire sortir la vérité afin de révéler les pensées toutes faites, les a aprioris que nous prenions pour vérités absolues.
Elle s’adresse à toutes et tous. Son outil est le dialogue et le partage, son moment est le présent.
Une philosophie vivante et populaire qui réhabilite le corps, les sensations et l’intuition dans la connaissance.
Une philosophie qui intègre les deux ordres « La Raison » et « le Cœur » chers à Pascal dans cette célèbre antanaclase :
« Le Cœur a ses raisons que la Raison ne connaît point. »
Nous alimenterons notre réflexion en s’appuyant notamment sur les philosophes antiques tels que Socrate et Platon, mais aussi sur la pensée stoïcienne avec Sénèque et Marc-Aurèle par exemple. Mais encore Rabelais, Pascal et Bergson. Plus récemment, sur les œuvres d’Antonio Damasio, neurologue (L’erreur de Descartes, La raison des émotions. Spinoza avait raison.)
Venez nombreux en débattre dans la tolérance et la convivialité. Accueil sans réservation à partir de 18h50 autour du verre de l’amitié."

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